Un chiffre claque : chaque année, des dizaines de passionnés rêvent d’enfiler la combinaison de maître-chien chez les pompiers ou dans l’armée, mais peu franchissent vraiment le pas. Devenir binôme avec un chien opérationnel, c’est une trajectoire exigeante, semée de tests, d’entraînements et de responsabilités qui ne laissent aucune place à l’improvisation.
Les maîtres-chiens militaires, pour ceux qui veulent s’engager
Les missions confiées aux maîtres-chiens suscitent un intérêt grandissant. Vous envisagez sérieusement de vous lancer ? Voici ce qu’il faut savoir pour avancer pas à pas vers votre objectif.

Pour mettre toutes les chances de votre côté, mieux vaut anticiper et préparer votre parcours dès que possible.
Opérations sur le champ de manœuvres Sand à Schönbühl/BE
Deux sessions annuelles de recrutement pour maîtres-chiens de milice ont lieu sur le terrain d’armes Sand à Schönbühl (BE). Vous pouvez participer au stage de recrutement (RS) avec votre propre chien ou opter pour un chien militaire proposé à la vente, un animal partiellement dressé est vendu autour de 2 000 CHF.
Environ quatre mois avant le début du RS, un test d’aptitude permet de vérifier les capacités du binôme, mais aussi l’environnement privé du candidat. Les conditions de vie à la maison doivent être adaptées à l’accueil d’un chien ; le service vétérinaire de l’armée procède à des contrôles sur rendez-vous si besoin. Les candidats doivent présenter un extrait de casier judiciaire et du registre des poursuites.
Devenir maître-chien, c’est s’engager pour un être vivant : votre quotidien sera bouleversé, mais la fidélité sans faille du chien-compagnon change la donne.
Les futurs maîtres-chiens de la milice doivent être en excellente condition physique !
Engagements après la formation
Une fois le stage de recrutement validé, la formation ne s’arrête pas là : il faut poursuivre l’entraînement du chien d’assistance chaque semaine, et au moins passer un examen annuel avec lui. Tous les rappels (WK) s’effectuent en binôme. Les personnes ayant déjà effectué un RS peuvent aussi se réorienter vers le métier de maître-chien de milice en tant que « changeur de carrière » (consultez la section dédiée plus bas).
Maître-chien de sauvetage « décombres »
Le maître-chien de sauvetage intervient dans la recherche de personnes disparues au cœur des décombres.
La formation dans le RS couvre des compétences variées, détaillées ci-dessous :
- certificat d’expertise pour les détenteurs de chiens
- exercices de subordination, obéissance, détachement
- travail en milieu spécifique, entraînement sur décombres
- exercices de marquage sur trou de recherche
- apprentissage de la recherche de personnes dans un champ de débris
- organisation des interventions
Chaque maître-chien de sauvetage doit rejoindre l’association REDOG et suivre un cursus dans l’un de ses groupes régionaux. Comptez deux à trois ans pour devenir opérationnel. Une fois l’ensemble des évaluations réussies, vous pourrez participer à des missions de recherche, en Suisse ou à l’étranger. Résistance mentale et sang-froid sont indispensables.
Pour se former, plusieurs options existent :
- 11 groupes régionaux REDOG répartis sur tout le territoire suisse (www.redog.ch) pour la formation complète au sauvetage
- L’Association Swiss Military Dog Handlers (www.smf-schweiz.org) qui propose certaines sous-parties d’entraînement
Le maître-chien de garde
Le maître-chien de garde est formé aux opérations de surveillance, de protection et de sécurité, souvent en collaboration avec l’infanterie.
La formation, lors du RS, aborde les points suivants :
- obtention du certificat de propriétaire de chien
- apprentissage de la subordination et de la docilité
- recherche en intérieur, fouille de bâtiments
- patrouille
- interception et fouille de personnes à un poste de contrôle
Le maître-chien de garde doit pouvoir encaisser physiquement : casque et gilet pare-balles font partie de l’équipement permanent en opération.
Les lieux de formation sont variés :
- Groupe régional Romandie, Région Bière
- Groupe régional Berne, Sand Schönbühl (BE)
- Groupe régional Région Mittelland, Brugg
- Groupe régional Suisse centrale, Région Emmen
- Groupe régional Région Suisse orientale, Winterthour
- Équipe de biathlon à Berne (Sand près de Schönbühl)
Le test d’aptitude : une étape clé pour tous les candidats
Le test d’aptitude comprend quatre volets : subordination, franchissement d’obstacles, port de la combinaison de protection, entretien individuel. Cette évaluation permet de garantir la compatibilité du binôme et la motivation du candidat.
Pour les candidats sans chien
Des chiens d’assistance sont mis à disposition pour les épreuves. Les évaluateurs recherchent une implication et une envie manifeste de travailler avec les chiens. L’entretien individuel permet d’analyser en profondeur la posture du candidat et l’environnement dans lequel le chien évoluerait.
Pour les candidats avec chien
Des points supplémentaires sont contrôlés :
- indifférence du chien face aux tirs
- capacité à rester seul
- recherche à l’aide de jouets
- aptitudes à la protection (pour les chiens de garde)
- comportement de signalement (pour les chiens de sauvetage)
L’évaluateur a la liberté d’ajouter des exercices selon les besoins. Les candidats doivent choisir dès ce stade s’ils s’orientent vers la filière sauvetage ou protection ; un changement ultérieur n’est envisageable qu’après un nouveau test.
Se reconvertir maître-chien de milice : conditions à remplir
Ceux qui souhaitent se réorienter doivent répondre à plusieurs critères :
- aucune restriction liée à la fonction ou au grade militaire (AdA)
- être armé (pour les maîtres-chiens de garde)
- réputation irréprochable (extrait de casier judiciaire récent et contrôle de sécurité)
- avoir effectué au moins 80 jours de service
- être membre de la SKG
- avoir un chien âgé de 1 à 4 ans
- chien en bonne santé (contrôle par un vétérinaire militaire)
Pour la spécialité Schutzhund
- réussite à un examen de formation (AKZ) dans la classe 1 de l’IGP (IPO), VPG, mondioring ou securitas niveau 2
Les services minimaux requis ne doivent pas dater de plus d’un an au moment de l’inscription.
Pour la spécialité « débris de chien de sauvetage »
- présenter un examen BH1 réussi pour le chien de succession, ou un test SKG KH pour le chien du changeur de carrière
Là encore, le délai d’un an maximum s’applique pour les services requis.
Déroulé du changement de filière Un test d’aptitude spécifique est organisé au printemps. Si le candidat est retenu, un stage introductif a lieu à l’automne, avant d’intégrer la compagnie des maîtres-chiens 14. Le maître-chien de milice obtient le statut de spécialiste et reste soumis au service militaire jusqu’à ses 50 ans.
Pour approfondir le sujet : Centre de compétences vétérinaire et animaux de l’armée.
La formation de maître-chien, c’est bien plus qu’un uniforme : c’est le choix d’un quotidien rythmé par l’exigence, la confiance et la solidarité. Une aventure où chaque étape façonne un duo indissociable, prêt à s’engager là où l’homme seul ne suffit plus.













